lundi, octobre 22, 2018
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Enfants dits sorciers en Afrique : comment mettre fin au phénomène ?

Dans le premier épisode de notre dossier sur les enfants dits sorciers en Afrique, vous aviez pu lire les témoignages de certaines victimes de ce phénomène au Togo et en Afrique. Aujourd’hui, nous nous intéressons aux stratégies à mettre en place pour parvenir à éradiquer ce fléau dans les pays. Certaines organisations de défense des droits de l’enfant estiment que les acteurs doivent se mobiliser autour de la question, d’où l’appel à une synergie d’actions.

Beaucoup d’enfants se retrouvent aujourd’hui dans la rue suite à ces cas d’accusations et surtout de maltraitance qu’ils subissent pour être « délivrés ».

Selon une enquête effectuée par l’ONG togolaise « Braid in Hand », chaque mois, des centaines d’enfants, provenant de différentes banlieues débarquent dans les rues de Lomé hypothéquant ainsi leur futur qui aurait pu être tout autre. Ils constituent une société parallèle, autonome, qui vit de la débrouille et de la prostitution.

Cependant, un tiers des enfants, seulement, est en contact avec une structure associative. Selon les témoignages recueillis dans quelques centres d’accueil, ces enfants recueillis après être accusés de sorcellerie, ne révèlent pas dans leurs habitudes une quelconque force mystérieuse ou malfaisante lorsqu’ils sont réadaptés.

« La plupart du temps, les enfants affichent plutôt des performances au-dessus de la moyenne et mènent une vie normale », explique l’un des formateurs du centre d’accueil Kandyaa de CREUSET TOGO basé à Sokodé (région centrale).

Dans les cas de sorcellerie précités, Rosaline a par exemple été reçu par un centre d’accueil où elle apprend la couture, et compte ouvrir très bientôt son centre d’apprentissage. Eli, de son côté, a été scolarisé et affiche d’ailleurs les meilleurs résultats scolaires. Cependant beaucoup de potentialités demeurent encore inexploitées compte tenu du nombre important d’enfants qui sillonnent encore les rues face à l’insuffisance des centres d’accueil existant dans les pays, plus précisément au Togo.

C’est dire que ce sont tant de destins qui sont brisés, tant d’avenir hypothéqué et de chance de réussite gâchée face à ce phénomène insaisissable qui ne cesse pourtant de prendre de l’ampleur au Togo et dans les autres pays du continent noir.

Pour éradiquer le fléau et donner une chance de survie aux enfants, UNICEF dans son rapport demande aux États de promouvoir le changement social à travers un dialogue concernant les accusations de sorcellerie, de soutenir un dialogue avec les leaders religieux et les tradi-praticiens afin d’identifier un terrain commun qui permettra de combattre l’abus des enfants accusés de sorcellerie et mobiliser les leaders religieux.

L’organisation recommande également aux gouvernants de fournir plus d’efforts dans l’éducation et la sensibilisation des communautés et de promouvoir l’accès aux services familiaux de bien-être des enfants victimes et d’offrir l’accès aux services de base (santé, éducation et protection sociale) aux enfants vulnérables et/ou à risque ainsi qu’à leurs familles.

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